
Infrastructures
Œuvres de la collection Video-Forum du n.b.k.
Volet 1
2026.10.15 - 11.28
Entre octobre 2026 et mai 2027, le Neuer Berliner Kunstverein (n.b.k.) et VOX co-présentent trois programmes de films rassemblant des œuvres de la collection Video-Forum du n.b.k.
Ce qui nous unit, ce qui nous sépare
Infrastructures du mouvement
ANNA LENA SEISER
Le premier volet de cette programmation réunit des films qui abordent les questions de mobilité et de déplacement. Il s’articule autour d’infrastructures bâties – espaces, frontières, réseaux de transport –, mais aussi de systèmes juridiques et affectifs qui relient les territoires et les personnes tout en constituant des instruments de contrôle, restreignant les déplacements et définissant ce qui relève du dehors. Les œuvres se déploient ainsi sur plusieurs registres : de l’échelle intime des corps unis dans un même mouvement aux infrastructures concrètes – chemins de fer, aéroports et navires – qui matérialisent les frontières politiques et les histoires de déplacement, jusqu’au pouvoir idéologique exercé à travers l’architecture et l’urbanisme, qui peut assigner aux personnes le statut de citoyen·nes, de ressources ou de menaces pour la sécurité. Mobilisant une grande diversité de langages formels, toutes les œuvres examinent qui est autorisé à circuler librement, qui en est empêché et comment cette distinction est imposée.

Infrastructures
Réseaux mondiaux de transport, centres de données, chaînes d’approvisionnement, systèmes de santé, appareils judiciaires, frontières ou plateformes numériques : les infrastructures sont omniprésentes. Ces dernières années, marquées par des crises politiques, écologiques et économiques qui se chevauchent, elles font l’objet d’un examen critique de plus en plus soutenu. Car ce n’est que lorsque surviennent des perturbations ou des défaillances que ces systèmes ramifiés, tout comme notre dépendance fondamentale à leur égard, se révèlent au grand jour. Qu’il s’agisse de réseaux physiques, d’algorithmes fonctionnant en arrière-plan ou de rôles de genre culturellement codifiés, les questions de disponibilité régulée des ressources, de mobilité, de connectivité et de sécurité individuelle et nationale sont plus pressantes que jamais.
Les infrastructures contemporaines façonnent nos vies de multiples façons. Systèmes d’organisation concrets et immatériels, elles produisent et structurent un espace ou un groupe donné, de la famille aux structures urbaines, voire à des territoires entiers. Elles constituent la trame sous-jacente qui nous relie, nous permettant d’entrer en relation les un·es avec les autres et avec le monde, et de nous situer au sein du tissu social.
Quiconque contrôle les infrastructures détient le pouvoir de façonner les perceptions, de déterminer les possibilités de participation et de circulation et, inversement, de les restreindre. L’organisation d’un espace engendre différents degrés de dépendance et de bénéfice, puisqu’elle suppose de créer un dehors, d’établir des distinctions et d’instaurer des inégalités entre les corps, les communautés et les régions géographiques. Pour beaucoup, le quotidien rappelle que l’accès à certaines infrastructures constitue en soi un privilège, tandis que d’autres n’en ont que rarement, voire jamais, conscience.
Prenant ce concept comme point de départ, le programme Infrastructures présente une sélection d’œuvres vidéo historiques et contemporaines tirées de la collection Video-Forum du n.b.k. qui interrogent les structures visibles et invisibles sous-jacentes à toutes les sphères de notre existence. Qui est relié à qui, qui contrôle qui, et par quels moyens ? À qui l’accès à certains lieux et moyens d’existence est-il accordé, et qui en est exclu ? Quelles possibilités s’offrent à nous pour transformer des infrastructures données et réduire les rapports de dépendance et les inégalités ?
Les œuvres présentées sont regroupées selon trois axes thématiques : la mobilité et les déplacements ; la perception façonnée par les médias ; et la capacité d’agir au sein de la société ainsi que les normes qui structurent notre quotidien et, en définitive, nos modes de vie.
Les artistes recourent à des approches performatives et essayistiques pour examiner les structures existantes, réfléchir à leurs répercussions sociales ou faire entrevoir d’autres modes de fonctionnement au sein des systèmes établis. Certain·es le font sur un mode ludique, tandis que d’autres adoptent une perspective documentaire. Enfin, les œuvres interrogent les fondements mêmes de l’art – et le rôle qu’il peut jouer pour rendre les infrastructures visibles.
Un projet conjoint du n.b.k. Video-Forum (Berlin) et VOX, avec le soutien du Goethe-Institut Montréal et du Conseil des arts et des lettres du Québec.
La collection Video-Forum du n.b.k.
Fondé en 1971 à l’initiative d’artistes, le Video-Forum du Neuer Berliner Kunstverein est la plus ancienne et, avec plus de 1 800 œuvres, l’une des plus importantes collections publiques d’art vidéo de l’Allemagne et de l’Europe. La collection s’articule notamment autour de Fluxus, de la vidéo féministe, du contexte historique et contemporain de l’art vidéo à Berlin, de l’art vidéo d’Europe de l’Est ainsi que de pratiques réflexives sur le médium. Elle est enrichie continuellement grâce à des coproductions et à des acquisitions annuelles.
Le Neuer Berliner Kunstverein est soutenu par la Kriket Foundation. Le Neuer Berliner Kunstverein n.b.k. gGmbH est financé par le département de la Culture et de la Cohésion sociale du Sénat de Berlin.